Sport

Cyclisme : Mustapha Naciri tel que je l’ai connu

Brahim Radi président du conseil municipal s’apprêtant à donner le départ d’une course le dimanche 07 mai 1978 à Agadir avec à ses côtés,de gauche à droite,M’bark Chbani (S.G.du RCMA) Abdelkader Kotbi (Pt.de la FRMC),El Goumi (représentant le délégué du MJS) en discussion avec Mustapha Naciri (Ph.M.Chbani).

Par M’Bark CHBANI – le 27 novembre 2018 à 18 h 31

Feu Mustapha Naciri

Mustapha Naciri, l’ex-président de la Fédération Royale Marocaine de Cyclisme (FRMC) s’en est allé l’été dernier après avoir souffert en silence d’une longue maladie.Le cyclisme national a perdu en lui un grand dirigeant.Témoignage.

J’ai fait la connaissance du défunt le samedi 15 janvier 1977 aux Almohades d’Agadir,en marge de l’assemblée générale annuelle ordinaire de la section cyclisme du RCMA (Raja Cercle Municipal d’Agadir).Feu Mohamed Belalia , alors secrétaire général du club, avait fait les présentations.Je venais à peine d’accepter d’être conseiller technique du RCMA et Naciri était à l’époque au CDI de Casablanca (Club Des Italiens) et siégeait  au bureau fédéral.

D’emblée, il me proposa de rejoindre les rangs de la fédération pour entamer une carrière de commissaire de cyclisme car à cette époque-là, la fédération avait un grand besoin dans ce domaine et dans bien d’autres d’ailleurs.Je lui dis que j’aimais beaucoup ce sport, mais encore fallait-il que j’en connaisse les règlements dont je ne dispose pas. Mais, qu’à cela ne tienne! Il me promit de m’envoyer tout ce qu’il fallait. Et c’est  ce qu’il fit aussitôt rentré à Casablanca. Comme il était commissaire international, il me fit parvenir les règlements des différentes disciplines du cyclisme qu’on lui envoyait de l’UCI. Bref, j’étais bien outillé pour mes débuts en cyclisme, même s’il m’était difficile de concilier entre les autres occupations que j’avais à l’époque (j’officiais comme Délégué fédéral de football et arbitre de basket-ball et de volley-ball).

Mustapha Naciri faisant un exposé le samedi 26 février 1977 lors d’un stage technique à Agadir (Ph.M.Chbani).

Et depuis lors, nos chemins se sont souvent croisés à l’occasion de l’organisation des différentes manifestations sportives internationales que notre pays a  abritées et auxquelles j’ai eu l’honneur de participer : Iers Championnats arabes de cyclisme de Casablanca en 1978, Ier stage de formation de commissaires organisé à Casablanca en 1979 par l’UAC (Union Arabe de Cyclisme) sous l’égide de la FIAC (Fédération Internationale Amateur de Cyclisme). Mustapha  faisait partie de l’équipe d’encadrement du stage qui était placé sous la direction de l’Italien Aldo Spadoni, conseil fédéral, comité directeur de la FRMC,courses et championnats nationaux,Tour du Maroc (1981-1989) IXes Jeux Méditerranéens de Casablanca en 1983,VIes Jeux Panarabes de Rabat en 1985, Iers Championnats Africains Juniors de Casablanca en 1986, XIIes Championnats du Monde Juniors de Casablanca en 1986.VIIIes Jeux Mondiaux de la Médecine de Casablanca en 1987, Iers Championnats Arabes de Police de Casablanca en 1987.

À propos du Tour du Maroc,la fédération a organisé  deux éditions sous le mandat de Naciri : la XIIIème en 1985 et la XIVème en 1987 sur des parcours bien choisis incluant le maximum de villes avec des demi-étapes dans certaines localités. En 1989, il était président du jury de la XVème édition.C’était la première fois que le Tour  passait par le grand Sud (Midelt-Errachidia-Tinghir-Ouarzazate où a eu lieu la journée de repos) et le Souss (Taliouine-Taroudant-Agadir-Guelmim et Tiznit). Ces trois éditions figurent parmi les meilleures  éditions de la Grande Boucle marocaine auxquelles j’ai participé avec Mustapha Naciri.

Après son élection à la présidence de la FRMC en 1984, Naciri  fut le deuxième Marocain à être élu au comité directeur de la FIAC après Haj Abdelkader Kotbi qui présida aux destinées du cyclisme national pendant 12 ans.

Pour l’histoire, Kotbi caressait le rêve de voir le royaume abriter les Championnats du Monde sur Route.Il souhaitait que ce grand rendez-vous mondial du cyclisme ait lieu à Agadir.À l’époque, il n’y a avait pas de ligues régionales car on n’y croyait pas tellement à la fédération.Il est à noter ici que  j’étais au Raja d’Agadir, puis après au Najah Souss, le défenseur acharné de la décentralisation et de la régionalisation du cyclisme.Malheureusement,j’avais l’impression de prêcher dans le désert. Donc, comme j’étais alors Délégué de la Fédération Royale Marocaine de Cyclisme dans la zone Sud (j’étais d’ailleurs le seul à remplir une telle fonction dans tout le royaume), le président m’avait parlé de ce projet lors de l’une de ses visites à Agadir. Et à sa demande, je lui fis visiter plusieurs sites y compris le site historique de la Kasbah d’Agadir Oufella. Mais je n’ai plus entendu parler de ce projet.

Je dois ajouter que c’est sous la présidence de Mustapha Naciri que le Maroc a organisé,pour la première fois,les Championnats du Monde Juniors à Casablanca. Et c’est à ce moment-là que la piste du défunt vélodrome d’Anfa de la capitale économique du royaume a été entièrement rénovée. Cependant,il faut souligner que chez nous,la piste est une discipline qu’on ne pratiquait qu’à la fin de la saison route.Et pourtant,le cyclisme en compte huit (08).

En outre, à une époque où l’antenne africaine du Centre Mondial de Cyclisme (CMC) basée en Afrique du Sud n’existait pas encore, Mustapha Naciri avait obtenu des instances internationales la création d’un École Internationale de Cyclisme à Casablanca. Il avait même fait une communication à ce sujet lors de l’assemblée générale de la fédération. Pêchant ,sans doute, par manque de vision stratégique, les dirigeants du cyclisme de l’époque n’étaient guère emballés par un tel projet dont la concrétisation aurait pourtant fait de notre pays une destination privilégiée du cyclisme dans le continent, et un haut lieu de formation des champions du futur comme l’est  aujourd’hui le CMC satellite d’Afrique du Sud.

En 1988, Naciri céda le fauteuil de président à son collègue de l’USC (Union Sportive Casablancaise), Haj Abdelkader Amri qui l’occupa jusqu’à la nomination, par le ministère de tutelle, d’un comité de gestion provisoire de la fédération en 1995.

Dirigeant très compétent, très courtois et très modeste, Mustapha Naciri était aussi un grand ami qui a rendu de bons et loyaux services à son pays.Sa disparition est une grosse perte pour le cyclisme.

À cette occasion, j’implore le Tout-Puissant d’avoir le défunt en Sa sainte miséricorde et de l’accueillir en Son vaste paradis.Nous sommes à Dieu et à lui nous retournons.

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