Economie

Les entrepreneurs demandent à assumer leurs responsabilités

Les entrepreneurs demandent à assumer leurs responsabilités

Les entrepreneurs demandent  à assumer leurs responsabilités
Les annonces faites par le gouvernement devant les participants à la deuxième Université d’été de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), qui s’est tenue les 13 et 14 septembre à l’ISCAE-Casablanca, ont été accueillies avec satisfaction.
Des annonces que le président de la CGEM, Salaheddine Mezouar, s’est empressé de saluer lors de la clôture de ces assises qui ont connu la participation de prestigieux invités parmi lesquels figuraient l’ancien président Nicolas Sarkozy, par ailleurs invité d’honneur de cette université.
Très présent lors de cette rencontre, marquée par des échanges importants,  le gouvernement a annoncé l’adoption imminente de la loi-cadre sur la fiscalité qui inspirera la LF 2020, de la loi sur les PPP, ainsi que l’opérationnalisation des CRI, y compris le choc de simplification et la charte de l’investissement avec des statuts spéciaux pour les start-ups et les PME à fort potentiel, entre autres. 
A ce propos, Salaheddine Mezouar a indiqué que « notre rôle sera de suivre leur mise en œuvre et d’interpeller les départements concernés au besoin pour leur réalisation.»
Revenant sur les fonds des débats, le président de la CGEM s’est réjoui de ce que « nous avons eu des perspectives sur l’état du monde » estimant que «  nous devons prendre en compte ces évolutions dans nos recommandations pour ne pas être en décalage avec les bouleversements actuels ».
Evoquant les idées nouvelles entendues au cours de cette université et qu’il a qualifiées de « disruptives sur des sujets de fond », Salaheddine Mezouar a estimé que « notre rôle sera de les analyser et d’en faire le plaidoyer jusqu’à les adopter ». Tout comme, a-t-il promis, le rôle de la CGEM est d’accompagner les jeunes et moins jeunes  entrepreneurs du mieux qu’elle peut « pour prendre leur envol et accélérer leur développement ».
Dans son allocution de clôture, l’ancien ministre des Affaires étrangères et de la Coopération a affirmé que son organisation est sortie aussi de ces assises avec des convictions renforcées. 
La première est que l’Etat n’a pas le monopole de l’intérêt public, faisant remarquer que les entrepreneurs du Maroc ont leur « mot à dire et une responsabilité dans la construction d’un Maroc prospère, juste et équitable ».
L’autre conviction, à ses yeux, est que le salut du développement économique et social du Maroc viendra de l’entrepreneuriat, à condition de voir les crises comme des opportunités. 
« L’emploi digne, la redistribution des richesses dans le territoire, l’innovation et les filets sociaux, ne seront possibles que si plus d’entreprises formelles sont créées et que l’entrepreneuriat est attractif au Maroc », a-t-il soutenu.
Pour le président de la CGEM, l’attractivité de l’entrepreneuriat, autre conviction renforcée à l’issue des débats qui ont ponctué cette rencontre, « est tributaire de réformes lourdes, en rupture avec les mesurettes traditionnelles, mais faisables sur un horizon court de 3 à 5 ans ».
A ce propos, l’ancien ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Mise à niveau de l’Économie sous le gouvernement Jettou II a estimé que « ces réformes doivent toucher à la fois le rôle de l’Etat, mais aussi la réglementation et les protections qui ont dessiné le capitalisme marocain d’aujourd’hui, qu’il faut transformer complètement ».
Pour Salaheddine Mezouar, il ne fait aucun doute que le secteur privé et une concurrence saine peuvent apporter des solutions auxquelles l’Etat est de moins en moins en mesure de faire face. 
Argumentant son propos, il a fait remarquer que « l’entreprise dispose dans son ‘ADN’ des clés du développement d’un modèle socioéconomique renouvelé, compétitif, rigoureux, ouvert sur le monde et au service de tous nos citoyens ». 
A l’heure où la mondialisation est remise en cause, et fait face à des replis protectionnistes de toute part, il a défendu le fait que « la compétitivité et la réussite de notre secteur privé représentent la clé de voûte de notre avenir ».
Mais pour cela, le patronat pense que le Maroc doit mener en parallèle trois refontes majeures. 
La première porte sur la refonte des secteurs productifs dont  le mot d’ordre est la reprise des investissements, dans les secteurs à fort impact sur la balance commerciale du Maroc. Mais aussi, « le renouvellement programmé de notre capitalisme marocain, grâce à plus de déréglementation, de libération de l’entrepreneuriat et de nouveaux modèles de financement et de management » ainsi que la « lutte à la fois frontale et responsable contre l’informel » pour garantir une compétition saine et juste.
La deuxième réforme majeure est celle de l’Etat, qui se traduirait par une simplification extrême des procédures et une décentralisation plus forte, pour agir effectivement sur l’environnement des affaires. 
La CGEM penche pour une « évolution du rôle de l’Etat vers davantage de planification et de régulation des marchés plutôt que dans les opérations, et un effort de productivité accru dans les investissements et le fonctionnement public ».
Quant à la troisième réforme majeure, elle se rapporte à celle des systèmes sociaux, « avec une coexistence assumée et intelligente du public et du privé dans la santé et l’éducation tout en garantissant une mixité et un accès de qualité à tous ». 
La CGEM soutient une refonte exhaustive des filets sociaux avec des régimes universels et obligatoires pour toute la population, et la création d’un choc de civisme et d’ouverture pour plus d’esprit entrepreneurial dans la société, a poursuivi le président du patronat qui avait estimé, la veille, que son organisation doit dépasser son rôle traditionnel de « syndicat » des patrons, pour constituer une force de proposition plus large pour le développement global du Maroc.
Sur ce point, et s’adressant aux partenaires sociaux qu’il considère comme dépositaires de l’intérêt général, ce dernier a indiqué que « nous ne sommes plus que de simples syndicats défendant des intérêts différents. Notre agilité, notre proximité de la réalité du terrain, notre responsabilité vis-à-vis de l’intérêt de nos membres et de nos concitoyens, nous impose de dialoguer, d’oser des ruptures, de trouver des solutions au bénéfice de tous ».
A le suivre, les patrons du Maroc sont « suffisamment adultes pour dialoguer ensemble de façon constructive, sans a priori et sans tuteur ».
Enfin, Salaheddine Mezouar a conclu confiant que la CGEM a identifié une trentaine de pistes disruptives et concrètes en ligne avec notre doctrine dont nous ferons le plaidoyer cette année dans le cadre de la réflexion nationale sur le modèle de développement ». Avant de promettre qu’elle sera impliquée principalement dans la charte d’investissement et la loi-cadre sur la fiscalité.
« Nous avons bien l’intention de faire avancer le dossier de la formation et plus particulièrement celui de la formation continue pour permettre aux entreprises et aux individus, salariés ou à la recherche d’un emploi, de relever leurs compétences de manière directe et concrète », assurant que l’éducation et la formation sont et resteront des priorités pour l’organisation.
Placée sous le Haut patronage de Sa Majesté, la deuxième Université d’été de la CGEM revêtait cette année un caractère particulier : elle coïncide avec les 20 ans de règne de Sa Majesté et le débat national en cours sur le nouveau  modèle de développement. 
« 20 années de progrès pour le Maroc, d’audace, de volontarisme, de réussites mais aussi d’échecs », a souligné Salaheddine Mezouar lors de l’inauguration de cette édition assurant que « nous sommes fiers de ce parcours, et fiers d’y avoir modestement contribué ».
 


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